Vu sur place : Des jeunes filles découvrant qu'il y avait deux queues et deux urnes. Une dame qui comprenait pas pourquoi fallait voter deux fois. Un assesseur me disant : "Je sais pas à quoi ça sert les cartes électorales" (moi non plus)
– On veut venger nos papas, venger nos papas ! ronchonnent les Épigones, et pour ce faire, on veut prendre Thèbes, tuer son roi et la piller ! Mais d'abord, allons consulter un petit oracle pour voir comment procéder.
Ils accourent donc devant un oracle.
— Faites excuse, m'sieur l'oracle, mais on peut prendre Thèbes siouplaît ? – Les présages vous sont favorables, vaillants guerriers ! Mais... – Mais ? – À une condition ! – Laquelle ? – Que votre chef soit le noble Alcméon !
Alcméon et son frère étaient désormais grands. Et voilà que les autres fils à papa viennent les trouver pour leur dire : – Hé Alcméon, ça te dit on fait une sequel à la Thébaïde ? Tu veux aller prendre Thèbes avec nous pour venger nos papas ? C'est toi qui seras le chef.
Alcméon hésite. – Boh, chépas, ma to-do est bien full, j'ai déjà une vengeance sacrée à accomplir sur la personne de ma maman, je sais pas quel ordre de priorité, là.
Ériphulé étant un cliché de femme frivole tel qu'échafaudé par une mentalité mascu dans une des sociétés les plus atrocement patriarcales de l'histoire connue, elle reçoit la robe avec des étincelles dans les yeux.
Puis elle vient susurrer à l'oreille de son fils : "dis mon cher fils tu penses pas que prendre la tête de cette expédition vengeresse c'est un super projet professionnel ?"
– Pfou, je suis débordé avec toutes ces tâches, soupire Alcméon, et il va lui aussi consulter un oracle.
– Oracle d'Apollon ! vient clamer Alcméon, je dois faire quoi ? Venger mon père en prenant Thèbes ou en trucidant ma maman ? – Les deux, jeune homme. – Woh vraiment ? Faut que je m'en prenne à ma maman ? – Elle a trahi son époux pour un collier et son fils pour une robe. – Mais je m'y perds, je sais pas quelle est la priorité, là. – Écoute, mets d'abord la prise de Thèbes en haut de ta To-Do, puis la vengeance familiale en numéro 2. – Ah ouais, super ! Apo, vous êtes plus fort que Trello !
Et voilà que déferlent avec leurs armées sur la campagne thébaine les Épigones :
> Alcméon et Amphilokhos, fils d'Amphiaraos > Aigialeus, fils du roi Adraste > Diomède, fils de Tydée (et futur meilleur pote d'Ulysse) > Sthénélos, fils de Capaneus > un autre larron qui est soit Polydoros le fils d'Hippomédon, soit Euryalos le fils de Mékisteus, en tout il sert surtout à atteindre le numéro sept > et Thersandros, fils de Polynice
À un moment de la bataille, Laodamas le roi de Thèbes et fils de Polynice réussit à abattre Aigialeus, le prince d'Argos et fils d'Adraste. Mais là, Alcméon le fils d'Amphiaraos réussit à pourfendre Laodamas le fils de Polynice. Les Thébains sont vaincus, et leurs pertes sont immenses.
– Oskour ! gémit la population. Devin Tirésias, toi qui conseilles tous nos rois non-stop depuis Cadmos et boudiou mais quel âge as-tu, dis-nous quoi faire ! – Quitter la ville. Vite.
En plus, ils détruisent les murs de Thèbes, les fameux murs créés par les incantations magico-poétiques d'Amphion le roi musicien.
Après quoi, les Épigones rentrent bien gavés. Ils se rappellent soudain qu'ils ont promis à l'oracle d'Apollon de lui filer, je cite, "la plus belle part du butin". Pas de souci, ils envoient à Delphes une partie de leurs thunasses, ainsi que Daphné (aussi appelée Mantô), qui deviendra l'une des prophétesses les plus réputées de Delphes sous le nom de Sibylle.
Thèbes se relève de la guerre civile entre Étéocle et Polynice, et tout va bien pour toujours dans le meilleur des... hein ? quoi ? on me signale qu'en fait pas du tout ? On me dit qu'à la guerre des Sept contre Thèbes il y a une suite inattendue comme la postlogie de la saga Star Wars ? Et qu'après s'être parlé des papas ce soir on va se parler des fistons ? Eh bien allons-y !
Les Épigones : drôles de fils à papa — un THREAD ⬇️
DONC ! Thèbes avait échappé à la prise par la grosse armada venue d'Argos sous le commandement du roi Adraste, et après quelques années arrive au pouvoir un certain Laodamas.
Ce Laodamas est le fils d'Étéocle, mais, nous disent les sources, à la mort de son popa, il était tout petit ; d'où une période de régence par Créon, qui s'est, on l'a vu, moyennement passée.
Cependant, à Argos aussi, la rivale de Thèbes, il y avait des fils à papa. Et tout d'abord Thersandros. Le fils de Polynice.
Et Thersandros fumait de rage. Il y a dix ans, on n'avait fait rien qu'à lui zigouiller son papa ! Cela clamait vengeance et châtiment comme une ombre d'ogive en Iran ! Et d'ailleurs, plein de gens pensaient comme lui à Argos. Par exemple Diomède. Le fils de Tydée. Ou Promakhos. Le fils de Parthenopaios. Ou Sthénélos. Le fils de Kapaneus.
Sept fils à papa, sept descendants, sept epigonoi en grec, ruminent des projets de vengeance. En français on les appelle les Épigones.
Eh bien Alcméon est le fils aîné, excusez du peu, du prophète-poète-guerrier-badass Amphiaraos, et d'Ériphulé, cliché misogyne ambulant.
Deux threads plus tôt, la perfiiiiide Ériphulé avait forcé son mari Amphiaraos à partir faire la guerre. Même s'il avait prédit qu'il y mourrait. Et que ses prédictions tombaient toujours juste. Non mais, faut la comprendre, Ériphulé, on lui avait offert un SUPER COLLIER.
Vous vous en souvenez (ou pas) (franchement ça dépend de quand vous avez lu les threads précédents), Amphiaraos, en partant, avait réuni ses fils Alcméon et Amphilokhos, et leur avait dit en substance :
– Gamins. Votre mère m'envoie à une mort certaine. Alors quand vous serez grands, vous vengerez ma mort en punissant cette [insulte sexiste] de [insulte sexiste] qui [insulte sexiste] ! – Oui papa, avaient placidement répondu les gamins.
Les autres fils à papa cherchent alors un moyen de convaincre Alcméon. Mais comme toute leur stratégie consiste à regarder ce qu'ont fait leurs papas et à faire pareil, ils vont trouver Ériphulé.
Il y a dix ans, Ériphulé avait poussé son mari sous le bus quand Polynice lui avait offert le collier d'Harmonie. Cette fois, Thersandros, fils de Polynice, lui offre... la robe d'Harmonie. Pour qu'elle pousse son fils sous le bus.
Leur armée, composée de guerriers d'Argos, de Messénie, d'Arcadie, de Corinthe, de Mégare, et plein d'autres endroits que vous connaissez pas mais enfin c'est en Grèce, fait des ravages dans la campagne thébaine. Et que je pille, et que je brûle, et que je sème chaos douleur et désolation dans les villages locaux. Mais le roi Laodamas de Thèbes ne veut pas être en reste. Pif pouf, il lève une armée et va à la rencontre de l'armada des Épigones près d'un lieu-dit nommé Glisas.
Là, les deux armées se rencontrent et c'est LE CHOC ! Le combat fait rage ! Ça castagne ! Ça défonce !
... Bon, en fait, aucune source antique que nous possédons ne prend la peine de raconter la bataille. Contrairement à la guerre des Sept contre Thèbes où on a beaucoup, beaucoup trop de récits du combat. On sent que personne n'est vraiment passionné par cette sequel de la suite de l'épisode 7.
Ce que nous disent nos sources, c'est que le combat fut rude.
Les Thébains et Thébaines en panique prennent leurs claques et leurs cliques, et filent hors de la ville. La population se réfugie tout entière dans un coin paumé nommé Tilphossaïon.
Si bien que rien ni personne ne défend la cité des envahisseurs. Les Épigones entrent dans Thèbes désertée. Et la pillent. Ils chopent tout ce qui a de la valeur, toutes les personnes qui peuvent se revendre comme esclaves, ils mettent même la main sur une fille de Tirésias nommée Daphné et restée dans le quartier.