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- Embed this noticeAprès la Seconde Guerre Mondiale, durant les procès des nazis et sur les crimes de guerre et contre l'humanité, la Heer / Wehrmacht (l'armée de terre allemande) s'est vue bénéficier d'une sorte d'immunité.
En gros, une petite musique a commencé à tourner, et tourne encore aujourd'hui, selon laquelle finalement elle aurait été moins pire que les SS dans sa participation aux crimes de guerre et aux crimes contre l'humanité. Les SS auraient été les seuls tortionnaires, les pires, les plus inhumains. Quand la Wehrmacht commettait des crimes, cela aurait été exceptionnel, ou sous contrainte des SS à la fin de la guerre, ou ce serait de regrettables malheurs inhérents à la guerre elle-même.
C'est faux. L'historiographie récente (enfin, depuis quelques décennies quand-même) le rappelle constamment. La Wehrmacht a activement participé aux crimes, avec des rafles, des massacres, des destructions, des viols, des pillages, etc etc. Et elle a activement participé à la Shoah.
Le problème pour les Alliés, c'était que pour recréer une Allemagne (la future RFA), il fallait des cadres. Et pour tenir tête à l'URSS et à la future RDA, il fallait une armée, et donc des hommes, des officiers déjà formés.
La solution ? Dédouaner la Wehrmacht de nombre de crimes, et placer ses officiers et une partie de ses hommes dans la nouvelle armée fédérale.
De toutes manière la forte présence de conscrits dans les rangs de la Wehrmacht aurait rendu une purge totale quasi impossible. Punir de prison ou de mort tout officier de l'armée pour une quelconque complicité de crime de guerre ou contre l'humanité c'était amputer toute l'armée de tout ses cadres.
Bref, on a créé un révisionnisme par réalisme et pragmatisme geopopo.
Comme je disais, aujourd'hui encore c'est courant d'entendre dire que la Wehrmacht aurait été davantage blanche que les SS. Et ce genre de discours vaut pour à peu près n'importe quel pays ayant eu des armées coupables de crimes contre l'humanité. Pour des raisons politiques on réécrit l'histoire en dédouanant nombre de personnes, et en jetant l'entièreté de l'opprobre et l'entière responsabilité d'un crime collectif sur une seule unité, un seul groupe.
Le meilleur moyen de savoir si une unité a commis des crimes, c'est d'investiguer sur elle. Suivre ses déplacements, est-ce qu'elle était sur place alors qu'un crime avait lieu, est-ce qu'elle a fourni des troupes pour y participer, qu'en pensent les hommes qui la composent, comment en parlent-ils dans leurs correspondances, etc etc.
C'est long c'est chiant mais c'est un travail nécessaire.
Et c'est aussi pour cela qu'à d'autres échelles et sur d'autres contextes, il peut être intéressant de suivre les parcours d'unités pour savoir qui a fait quoi. Cela vaut pour des unités militaires massacrant des gens, pour des unités de police tabassant des gens, pour des groupes de guérilla, etc etc.